Renault: les bons, les brutes et les truands
Les barbouzes sont bouclées, les patrons sont désolés, mais les victimes restent sonnées.
Un groupe industriel d'envergure mondiale entourloupé par un gang de barbouzes recyclées dans «l'intelligence économique», ça n'est pas banal. Et Renault, si l'on espère que son activité n'en sera pas sérieusement affectée, est légitimement la cible de quolibets plus assassins les uns que les autres depuis quelques jours.
Notez qu'il y a tout de même un précédent fameux à cette affaire ― toutes choses égales par ailleurs ― avec l'histoire des «avions renifleurs». Les jeunes lecteurs n'en ont sans doute jamais entendu parler, mais Giscard (un président de la Ve République, chauve mais sexy. C'était juste avant Mitterrand mais juste après Pompidou) s'était tout de même fait enfler d'un milliard de francs (la monnaie d'avant l'euro) par un trio de margoulins inventeurs d'un dispositif permettant de renifler les nappes phréatiques depuis les airs...
Une baguette de sourcier à 150 millions d'euros, quoi...
Chez Renault, les enjeux financiers sont moins élevés, Dominique Gevrey, l'ex-responsable de la sécurité du groupe soupçonné d'avoir monté cette affaire n'ayant réclamé que 925.000 euros, mais le ridicule de Carlos Ghosn vaut bien celui de Giscard. Car enfin, décider, sans aucune base concrète, de licencier trois salariés avant de les désigner à la face du monde comme espions à la solde d'un concurrent chinois, ça n'est pas exactement du management de haute-volée!
Bon, il leur a tout de même présenté ses excuses lundi soir sur TF1, mais le mal est fait et, si les avocats des victimes évoquent déjà des compensations financières «à la mesure du préjudice», on se demande comment l'on se remet d'une aventure pareille. D'âge et de fonctions très différentes, les trois accusés avaient au moins un point commun: cette espèce d'amour un peu cruche pour «La Boîte» que l'on intègre à la sortie de la fac et que l'on ne quitte que pour aller cultiver ses tomates...
Source : Slate.fr